L'Usine de Bétel

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Société

lundi 7 mai 2007

Gueule de bois

Quel profit un homme peut-il attendre de la conquête du monde si, dans cette entreprise, il perd son âme ?

Marc 8/36

J'ai la nausée. La nuit fut difficile. J'ai été secoué par le tourbillon des folies collectives. Le résultat de l'élection présidentielle montre l'ampleur de la dégradation morale dans laquelle le pays était plongé.

Guillaume a déniché un dossier de l'Ifop détaillant notamment les intentions de votes par tranches d'âge :

Ségolène RoyalNicolas Sarkozy
18 à 24 ans53 47
25 à 34 ans54 46
35 à 49 ans 56 44
50 à 64 ans51 49
65 ans et plus25 75

Ces chiffres montrent clairement que sans les personnes âgées, le résultat aurait été très différent. D'un côté, c'est rassurant car ça déculpabilise les "forces vives" du pays, mais c'est aussi inquiétant de voir qu'une classe d'âge a ainsi imposé son choix au reste de la population.

On est en plein délire grolandais. C'est affligeant de se dire qu'une grande partie des électeurs de Sarkozy seront morts de viellesse avant la fin de l'année et ne verront jamais les conséquences de leur acte.

Des millions de personnes rient de nous en ce moment : ce sont les espagnols, les italiens et le américains. Nous nous sommes tellement moqué de leurs Aznar, Berlusconi et Bush et nous finissons par élire une petite frappe du même acabit. C'est grotesque. Nous devons désormais faire preuve de plus d'humilité : nous ne valons pas mieux qu'eux.

Il ne nous reste plus qu'à prier pour que le futur président ne mette pas trop le pays à sac pendant ces cinq longues années. Je lui conseille personnellement de bien profiter de son statut, de mener la belle vie, d'oublier Cécilia avec les groupies présidentielles, de faire plein de jolis voyages de par le Monde et de ne surtout pas gouverner. Surtout pas !

lundi 22 janvier 2007

Le gazon artificiel

La suisse

Petite explication iconoclaste et pleine de citations de la triste affaire « Johnny en Suisse » pour ceux qui n'auraient pas suivi.

Tout semble être parti d'un conseil sans doute formulé un peu trop hâtivement ce printemps :

« Quant à ceux qui n'aiment pas ce pays, qu'ils ne se gênent pas pas pour le quitter. »

Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, samedi 22 avril 2006.

Certains ont pris ce conseil au pied de la lettre, notamment un ex futur belge mais néanmoins français célèbre :

« Je pars. »

Johnny Hallyday à Paris Match, jeudi 21 décembre.

Ceux qui ont été choqués de voir un Johnny égoïste et renonçant à participer à l'effort national après avoir tant reçu des français peuvent être rassurés, sa décision est aussi animée d'une vibrante charge politique :

« Est-ce que nous sommes obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent ? Ma réponse est non. »

Johnny Hallyday à Paris Match, jeudi 21 décembre.

C'est pas très sympathique pour le ministre de l'intérieur.

Cependant, outre le scandale et le débat qui a suivi, même s'il est imposé à 60% ou 70%, Johnny gagne 5 millions d'euros par an. De quoi vivre très largement, non ?

Non, en fait, le donneur de leçon et le dénonciateur de l'incompétence est tout simplement endetté jusqu'au cou et est prêt à passer pour un con et à plomber ses meilleurs potes pour économiser de quoi rembourser son énorme dette :

« En engageant le procès en 2004, Johnny avançait que les neuf prêts accordés par Universal entre 1978 et 1997, pour un total de 16,3 millions d'euros, avaient créé une situation de dépendance, d'autant qu'il avait abandonné à la société deux maisons à Paris et tous les droits dérivés sur son nom et son image.

La société Universal dénonçait le "procès de l'ingratitude" et soulignait que c'est Johnny Hallyday lui-même qui avait sollicité son aide, alors que, selon elle, il refusait de payer ses impôts et multipliait les dépenses somptuaires. »

Dépèche Yahoo! du mercredi 20 décembre 2006

Bref, je verrai mal le gestionnaire Johnny au gouvernement.

Le fin mot de l'histoire revient à Jean-François Copé :

« L'herbe du voisin est toujours plus verte que la sienne, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que c'est du gazon artificiel. »

Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement et ministre du Budget, mercredi 13 décembre.

dimanche 10 septembre 2006

Sang froid

Qui a dit : un jour, je finirai par retrouver le salopard qui a monté cette affaire et il finira sur un crochet de boucher ?

  • a) Emile Louis, à propos de l'affaire des disparues de l'Yonne
  • b) Patrice Alègre, à propos de l'affaire qui porte son nom
  • c) Nicolas Sarkozy, à propos de l'affaire Clearstream

Tic tac tic tac tic tac tic tac ...

mardi 4 avril 2006

Non au CPE

On veut des bisous ! Des bisous et des calins !

Parceque les bisous, c'est quand même plus sympa que les coups de matraques et les gaz lacrymogènes.

mercredi 15 février 2006

Le petit snack de Chydenia

Continuons dans l'insolite...

Le petit snack de Chydenia est mon endroit préféré de l'université. Je m'y suis rendu pour la première fois il y a tout juste un mois pour acheter une barre chocolatée mais j'aurai très bien pu aussi m'y procurer du café, du thé, du lait, des sodas, des sandwichs ou des sucreries de toutes sortes.

La Finlande est le pays du self-service. Pour un français, c'est un des premiers trucs qui frappent, le self-service partout.
Mais à Chydenia, ce principe est poussé au maximum car, plus que du simple self-service, c'est de self-paiement dont il s'agit : au bout de la rampe, il y a un bocal avec (beaucoup) de monnaie, on calcule seul la somme, on y dépose notre argent et on se rend nous même la monnaie. Oui, oui, on fait tout tout seul, comme un grand.

La première fois que j'ai vu ceci, j'ai cru à une solution de fortune. J'ai cru que le responsable avait dû s'absenter précipitamment et, pour ne pas avoir à interrompre le service, il avait vidé la caisse dans ce bol en espérant qu'il n'y ai pas trop de vols.

Mais je me suis trompé. Tous les jours de la semaine, du soir au matin, le snack de Chydenia fonctionne en self-paiement. Sans aucun contrôle : j'ai eu deux fois un comportement étrange (j'ai payé avant de me servir et je me suis absenté avant de payer), personne ne s'en est inquiété.

La confiance et l'honnêteté totales, voici l'insondable mystère de la Finlande.

mardi 14 février 2006

Ça va mieux en le disant

Désert

Je pense à l'époque où j'ai été seul, et tout le poids que ces trucs roses en forme de coeur, et ça me fout encore la gerbe aujourd'hui, alors que tout va bien. Je pense à ceux qui sont seuls, célibataires, transis d'amour ou ceux que leur amour n'aime plus, ceux dont le deuil perfore encore, ceux qui changent de trottoir quand ils voient des amoureux dans la rue, ceux qui doivent vivre sans.
Et j'aimerais que les enfoirés du département marketing de Saint-V Prod prennent une baffe pour tous les gens qui se trouvent blessés par leurs brillantes idées (...). Ça les ferait peut-être réfléchir et penser aux dégâts collatéraux.

La veille du jour "V" de kNo'

Superbe ! Quel verbe acéré, quel talent ! Je rêvais d'écrire une telle envolée lyrique contre la Saint-Valentin depuis plusieurs jours mais je ne parvenais à trouver ni les mots ni le ton, merci.

Alors, le 14 février, premier jour du printemps ?

lundi 5 décembre 2005

Le Logiciel Libre

Un peu de lyrisme...

Si l'on s'échange un objet, on en possède chacun un.
Si l'on s'échange une idée, on en possède deux chacun...

Un spectre hante le Monde : le spectre du logiciel libre. Dans tous les pays son déploiement est l'objet de violentes polémiques, dans toutes les assemblées il enflamme les esprits, des tractations représentant des sommes considérables sont en cours pour favoriser ou gêner son développement, et irrémédiablement chacun est destiné à se poser un jour la question de son adoption.
Si l'on pense que le logiciel libre n'est qu'une question informatique, on peut être étonné par l'ampleur que prend le débat. Mais il n'est pas seulement une solution technique, c'est aussi une philosophie, et il contient des enjeux énormes en ce qui concerne la démocratie, la culture, la souveraineté nationale et la compétitivité des économies.

Cependant, tout ce cirque s'enfonce dans l'absurdité et ces débats, s'ils sont nécessaires, n'en sont pas moins agaçants. La nature même du logiciel étant d'être libre on ne devrait pas avoir à se battre pour le libérer.
En fait, nous sommes victime d'un retournement complet du problème : c'est l'établissement d'une industrie basée sur le logiciel propriétaire qui fut le véritable coup de force et l'objet de la bataille la plus rude. Le mouvement en faveur du logiciel libre n'est en rien révolutionnaire, il est seulement la réponse évidente à cette industrie contre-nature.

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dimanche 4 décembre 2005

Ils sont fous ces français

Même Tim Bray en parle !
Non Tim, ce ne sont pas les français qui sont fous mais bel et bien la majorité législative qui les dirige (et elle nous a donné maintes fois la preuve de son incapacité à comprendre les enjeux du monde numérique).

Rendez-vous chez Meso pour en savoir plus (et n'oubliez pas de signer la pétition si vous vous sentez solidaires).

Mise à jour : oups, j'ai oublié le pourtant indispensable K'No.

jeudi 24 novembre 2005

Les marchands du temple

Mouton à Versaille

Aujourd'hui, comme tous les jeudis, cours sur les ERP avec un intervenant extérieur. Le cours commence et, comme tous les jeudis, l'intervenant est un cadre de SAP. C'est le quatrième cours de cette matière et la quatrième fois que SAP nous envoie quelqu'un.

J'ai encore vécu deux heures cauchemardesques qui illustrent bien la perversité des relations entre universités et entreprises. Je n'ai pas eu la naïvité d'éspérer apprendre quelque chose dans ce cours et j'ai eu raison : la première heure était comme d'habitude consacrée à l'opération séduction, la deuxième à la classique étude détaillée des captures d'écran.

Je n'ai rien contre SAP, il se pourrait même que ça soit un bon ERP. Mais quand on m'assène une heure de FUD, de grossiers mensonges et de chiffres interprétés avec malhonnêteté, je finis par m'agacer.
Que de grandes entreprises prennent le public pour des imbéciles, ça c'est déjà vu, surtout dans cette grande blague qu'est l'industrie informatique. Mais venir nous cracher le poison marquetique dans notre amphithéatre, je trouve ça un peu fort.

La deuxième heure n'est pas plus pédagogique : "pour envoyer un message, cliquez ici", "pour lire les stats des ventes, cliquez là", etc. Je défis n'importequel étudiant sortant de ce cours de m'expliquer ce qu'est un ERP, en quoi ça peut être utile d'en déployer dans son entrerpise, quels sont les risques... il n'en saura rien.

C'est sûr que l'université a offert un cadeau que SAP ne pouvait pas refuser : avoir chaque semaine plus de cent étudiants qui, croyant être en cours, écoutent religieusement, quelle chance ! Faire passer une grossière opération publicitaire pour de l'enseignement, voici le scandaleux coup de force.

Ceci m'amène a me poser une question : pourquoi a-t'on donner la clef du temple aux marchands ?

Je veux bien que nous soyons des étudiants en commerce et en gestion, mais ne devrait-on pas nous apprendre à faire les meilleurs choix pour nos futures structures, plutôt que nous jeter en patûre à une entreprise sous prétexte qu'elle est la seule à pouvoir se payer le luxe d'envoyer chaque semaine un émissaire dans notre hémicycle ?

J'irai plus loin : la nature même de nos études devrait être une raison supplémentaire pour maintenir les entreprises hors de portée de nos esprits corruptibles.

mardi 15 novembre 2005

Revue de pression

Il s'agit plus d'une vraie crise entre la police et la population que l'expression du malaise des banlieues
Michel Marcus, délégué du FFSU

Sarkozy a reveillé les jeunes à la conscience politique
Nathalie, jeune mère de famille de Grigny.

You cannot constantly stop people for no reason to check their papers and not have consequences
Mokded Hannachi, membre du gouvernement.

J'ai pas foutu le feu, je venais juste acheter du shit
Alexandre, cuistot en comparution immédiate.

Burning cars is rather tipically french, the last two weeks have been unusual, but it is more common than people realize
Michel Wieviorka, sociologue

Les petits ont retenu la leçon : quand il n'y a aucun interêt à être citoyen, il vaut mieux casser
Yazid Kherfi, consultant en prévention urbaine

Quel message adresse-t-on aux jeunes en leur disant que le ministre de l'égalité ne sert à rien ?
Azouz Begag, ministre de l'égalité des chances.

Dans le quartier de Neuhof, l'une des plus difficiles banlieues strasbourgeoises, un endroit avait même été baptisé l' "autogrill" dans les années 1990
Laurent Greilsamer, chroniqueur.

On a même brûlé la voiture d'un pote. Ça lui a foutu les boules mais il a compris
Bilal d'Aubervillier

Ils ont envie de se faire voir. Ça a marché : la preuve vous êtes tous là, même TF1.
Habiba d'Aulnay-sous-Bois

On est devant une génération qui n'a pas d'avenir, qui ne pense qu'au fric et à la consommation. Je comprend qu'ils puissent se révolter face à Sarkozy qui se comporte et qui parle comme un chef de bande. Mais s'ils avaient des couilles, ils iraient casser le centre-ville, pour toucher aux symboles du pouvoir. Pas à ceux qui vivent à côté d'eux.
une habitante d'Evreux.

Le désordre ne plaît pas aux narcotrafiquants des banlieues
un expert des questions de sécurité.

Quand on roule à 150 km/h sur autoroute, on ne peut pas donner de leçons.
un adolescent des Francs-Moisins.

Les gamins d'origine arabe ont toujours le vigile sur le dos quand ils entrent dans n'importe quel supermarché (...) On leur dit qu'on va les envoyer dans un autre pays s'ils font une bétise.
Mahyar Monshipour, champion du monde de boxe.

Il n'y a pas que les jeunes qui ont besoin de médiations. Les flics aussi.
Karim Trabelsi, moniteur-éducateur de la mairie de Grigny.

On est pas des casseurs, on est des émeutiers... qu'est-ce qu'on attend pour aller brûler autre chose ?
Youssef et sa bande

La France, tu l'aimes ou tu la quittes
Philippe de Villier, président du MPF.

Citation tirées de : Le Monde du 5 et du 8 novembre, Libération du 8 novembre, International Herald Tribune du 12 novembre et le Figaro du 12 novembre.