Petite explication iconoclaste et pleine de citations de la triste affaire « Johnny en Suisse » pour ceux qui n'auraient pas suivi.
Tout semble être parti d'un conseil sans doute formulé un peu trop hâtivement ce printemps :
« Quant à ceux qui n'aiment pas ce pays, qu'ils ne se gênent pas pas pour le quitter. »
Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, samedi 22 avril 2006.
Certains ont pris ce conseil au pied de la lettre, notamment un ex futur belge mais néanmoins français célèbre :
« Je pars. »
Johnny Hallyday à Paris Match, jeudi 21 décembre.
Ceux qui ont été choqués de voir un Johnny égoïste et renonçant à participer à l'effort national après avoir tant reçu des français peuvent être rassurés, sa décision est aussi animée d'une vibrante charge politique :
« Est-ce que nous sommes obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent ? Ma réponse est non. »
Johnny Hallyday à Paris Match, jeudi 21 décembre.
C'est pas très sympathique pour le ministre de l'intérieur.
Cependant, outre le scandale et le débat qui a suivi, même s'il est imposé à 60% ou 70%, Johnny gagne 5 millions d'euros par an. De quoi vivre très largement, non ?
Non, en fait, le donneur de leçon et le dénonciateur de l'incompétence est tout simplement endetté jusqu'au cou et est prêt à passer pour un con et à plomber ses meilleurs potes pour économiser de quoi rembourser son énorme dette :
« En engageant le procès en 2004, Johnny avançait que les neuf prêts accordés par Universal entre 1978 et 1997, pour un total de 16,3 millions d'euros, avaient créé une situation de dépendance, d'autant qu'il avait abandonné à la société deux maisons à Paris et tous les droits dérivés sur son nom et son image.
La société Universal dénonçait le "procès de l'ingratitude" et soulignait que c'est Johnny Hallyday lui-même qui avait sollicité son aide, alors que, selon elle, il refusait de payer ses impôts et multipliait les dépenses somptuaires. »
Dépèche Yahoo! du mercredi 20 décembre 2006
Bref, je verrai mal le gestionnaire Johnny au gouvernement.
Le fin mot de l'histoire revient à Jean-François Copé :
« L'herbe du voisin est toujours plus verte que la sienne, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que c'est du gazon artificiel. »
Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement et ministre du Budget, mercredi 13 décembre.